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Dimanche en fin de journée, les 24 heures du livre du Chambon-sur-Lignon se sont achevées sur un riche échange entre les écrivains Jean Rouaud et Nathalie Heinich.

La lumineuse salle d'exposition perchée tout en haut de la maison des Roches accueillait le dernier événement de ces 24 heures du livre qui ont réservé leur lot de bons moments pour les curieux de littérature. Sur le thème « Ecrire sur les siens », avec en filigrane l'idée de croiser histoire personnelle et histoire universelle, Jean Rouaud et Nathalie Heinich dialoguaient sous la houlette d’Alexandre Gefen, critique littéraire.

Jean Rouaud a reçu en 1990 le prix Goncourt pour son premier roman « Les Champs d’honneur » autour de la Première Guerre mondiale, thème traité à travers une histoire familiale dense et très personnelle. Ce livre avait inauguré un important cycle romanesque familial et autobiographique avec notamment « Des hommes illustres », « Pour vos cadeaux ».

Tandis que Nathalie Heinich, sociologue, aux attaches sur Plateau, vient de publier « Une histoire de France ». Elle y déroule le récit de deux lignées et de deux exils, une famille juive émigrée et une famille protestante. Ce récit singulier est bâti à partir de photos de famille, une importante qu'elle a égarée et d'autres sauvegardées. Par ce biais, elle raconte deux façons d’être de son pays, en devenant ou en restant Français.

Des échanges entre les deux intellectuels, on retiendra la propension de Jean Rouault à focaliser sur la mort du roman, un genre déconsidéré pendant les années 70/80 en France. Il met en relief sa lutte contre la pensée dominante qui proclamait l’impossibilité pour la littérature de se saisir du réel et la mort du personnage, de l’intrigue, à une période où le roman était étiqueté genre bourgeois, considéré comme contraire à la modernité littéraire.

Nathalie Heinich évoquait la littérature de 3e génération qui permet à un auteur de prendre une certaine distance affective avec les moments retracés. Elle signalait en particulier comment aujourd'hui il est courant de partir en quête généalogique familiale. Ces recherches produisant des récits à destination du grand public mêlant les détails les plus personnels à la grande histoire.

De Jean Rouault, retenons cette affirmation : "La fiction aide à faire passer la pilule, souvent amère, du réel."

A l'issue de la rencontre, la librairie Tison permettait aux participants d'acquérir les ouvrages des auteurs et de se les faire illico dédicacer.

Publié dans Haut-Lignon