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Et si vous glissiez au pied du sapin ce livre de Nathalie Heinich "La Maison qui soigne", paru chez Thierry Marchaise ? Cette demeure patiemment apprivoisée, "La Retrouvée", elle l'a dénichée au Chambon-sur-Lignon.

Voici une proposition de lecture, doublée d'une idée cadeau, susceptible de séduire à la fois les amoureux de décoration, de jardinage comme les lecteurs curieux d'histoires de vie auxquelles on peut, peu ou prou, s'identifier.

Nathalie Heinich, spécialiste de la sociologie de l'art et des pratiques culturelles, auteure de nombreux ouvrages, a jeté l'ancre au Chambon-sur-Lignon en 2012 où elle a acquis une maison, après une quête tous azimuts la menant du Jura au Massif central, de l'arrière-pays niçois à la Bourgogne.


Une conquête à double sens

Dans cette histoire de "La Retrouvée", Nathalie Heinich raconte comment elle a conquis et s'est laissée conquérir par cette maison "moche" (ah, la beauté cachée des laids), qui recèlera des potentialités insoupçonnées au premier regard. La vaste demeure une fois débarrassée de ses aménagements datés, dotée de généreux miroirs, libérera de nouvelles perspectives. Les boiseries, les rayonnages de livres, les tapis, rideaux, meubles chinés, concourront à rendre chaleureux ce repaire d'intellectuelle devenue décoratrice compulsive, jardinière frénétique.


Un piquant récit autobiographique,

Ce récit autobiographique, émaillé d'humour, léger et profond à la fois, court sur une centaine de pages. Il se lit avec facilité, détend, amuse, apaise. On sourit des déboires de la néophyte confrontée à une chaudière capricieuse. On compatit devant ses déceptions face à des rosiers rechignant à monter à l'assaut de la gloriette. On est envieuse de cette immense chambre dotée de deux dressings (un pour les vêtements d'hiver, un pour ceux d'été). On imagine que trop bien cette ribambelle de sacs à main usagés alignés pour l'éternité sur des étagères !


Le temps apprivoisé

Dans cette "maison qui soigne", le temps qui passe semble être enfin apprivoisé. Les êtres ayant compté dans une existence sont incarnés par des objets trouvant soudain naturellement leur place dans ces pièces à vivre, à rêver, à travailler, à partager... Avec d'un côté en ligne de mire le Lizieux, sentinelle indéboulonnable de ce pays protestant, de l'autre, en contrebas, derrière la futaie d'épicéas, les murmures du Lignon.


La Maison qui soigne Histoire de "La Retrouvée" de Nathalie Heinich, aux éditions Thierry Marchaisse. Prix : 14,90 euros

Publié dans Haut-Lignon

Dimanche 28 avril, rendez-vous est donné à 17 heures, à L'Arbre vagabond au Chambon-sur-Lignon pour une conférence de Nathalie Heinich sur le thème des questions d'identités.

L'intervention de l'auteure chambonnaise, sociologue au CNRS, s'articulera autour de ses deux derniers livres parus en 2018 : "Une histoire de France" et "Ce que n'est pas l'identité".

Dans « Une histoire de France », Nathalie Heinich déroule le récit de deux lignées et de deux exils, une famille juive émigrée et une famille protestante. Ce récit, à partir de photos de famille, raconte deux façons d’être de son pays, en devenant ou en restant français.

Dans "Ce que n'est pas l'identité", Nathalie Heinich dégage la notion d’identité de toute connotation politique.  Elle plaide pour une identité républicaine et universaliste, relevant dans le surinvestissement politique de l’identité une logique de ségrégation.

L'entrée est libre.


Infos pratiques

Dimanche 28 avril à 17 heures

L’Arbre vagabond

Bar à vins-librairie au lieu-dit "Cheyne" au Chambon-sur-Lignon

04 71 59 22 00

Publié dans Loisirs Sorties

Dimanche en fin de journée, les 24 heures du livre du Chambon-sur-Lignon se sont achevées sur un riche échange entre les écrivains Jean Rouaud et Nathalie Heinich.

La lumineuse salle d'exposition perchée tout en haut de la maison des Roches accueillait le dernier événement de ces 24 heures du livre qui ont réservé leur lot de bons moments pour les curieux de littérature. Sur le thème « Ecrire sur les siens », avec en filigrane l'idée de croiser histoire personnelle et histoire universelle, Jean Rouaud et Nathalie Heinich dialoguaient sous la houlette d’Alexandre Gefen, critique littéraire.

Jean Rouaud a reçu en 1990 le prix Goncourt pour son premier roman « Les Champs d’honneur » autour de la Première Guerre mondiale, thème traité à travers une histoire familiale dense et très personnelle. Ce livre avait inauguré un important cycle romanesque familial et autobiographique avec notamment « Des hommes illustres », « Pour vos cadeaux ».

Tandis que Nathalie Heinich, sociologue, aux attaches sur Plateau, vient de publier « Une histoire de France ». Elle y déroule le récit de deux lignées et de deux exils, une famille juive émigrée et une famille protestante. Ce récit singulier est bâti à partir de photos de famille, une importante qu'elle a égarée et d'autres sauvegardées. Par ce biais, elle raconte deux façons d’être de son pays, en devenant ou en restant Français.

Des échanges entre les deux intellectuels, on retiendra la propension de Jean Rouault à focaliser sur la mort du roman, un genre déconsidéré pendant les années 70/80 en France. Il met en relief sa lutte contre la pensée dominante qui proclamait l’impossibilité pour la littérature de se saisir du réel et la mort du personnage, de l’intrigue, à une période où le roman était étiqueté genre bourgeois, considéré comme contraire à la modernité littéraire.

Nathalie Heinich évoquait la littérature de 3e génération qui permet à un auteur de prendre une certaine distance affective avec les moments retracés. Elle signalait en particulier comment aujourd'hui il est courant de partir en quête généalogique familiale. Ces recherches produisant des récits à destination du grand public mêlant les détails les plus personnels à la grande histoire.

De Jean Rouault, retenons cette affirmation : "La fiction aide à faire passer la pilule, souvent amère, du réel."

A l'issue de la rencontre, la librairie Tison permettait aux participants d'acquérir les ouvrages des auteurs et de se les faire illico dédicacer.

Publié dans Haut-Lignon

« Écrivains et penseurs autour du Chambon-sur-Lignon », c'est l'exposition estivale du Lieu de mémoire au Chambon-sur-Lignon. Elle invite à la balade sur le Plateau sur les traces d'intellectuels attachants qui y ont séjourné dans la première moitié du siècle dernier.

Cette exposition se présente comme un parcours dans le temps des années 1920-1950, sur le Plateau Vivarais-Lignon, entre Saint-Jeures, Le Chambon-sur-Lignon, Le Mazet-Saint-Voy, Saint-Agrève et Tence. C'est à la sociologue installée au Chambon-sur-Lignon Nathalie Heinich que l'on en doit la substantifique moelle.

On y découvre les motifs qui expliquent la présence, dans un même espace, de personnalités hors du commun. Le visiteur pourra ainsi connaître le visage, les œuvres, l’itinéraire ayant conduit ces penseurs sur le Plateau, les liens que certains ont entretenus durant leur séjour, les témoignages qu’ils ont laissés, les œuvres qu’ils ont pu y créer.

Poète, cinéaste, historien, mathématicien, sociologue, économiste, philosophe...

Elle met en avant les lieux qui abritèrent : l’un des plus grands poètes du XXe siècle (Francis Ponge) ; un romancier, dramaturge et cinéaste renommé, membre de l’Académie française (Marcel Pagnol) ; un philosophe et romancier au rayonnement international, prix Nobel de littérature (Albert Camus) ; trois philosophes ayant considérablement marqué leur discipline dans la France de la seconde moitié du XXe siècle (Georges Canguilhem, Paul Ricœur et Gilbert Simondon) ; un célèbre sociologue et politiste (Raymond Aron) ; trois grands historiens (Jules Isaac – l’auteur des célèbres manuels « Mallet et Isaac » –, Léon Poliakov, Pierre Vidal-Naquet) ; trois éminents talmudistes et spécialistes de la pensée juive (André Chouraqui, Jacob Gordin, Georges Vajda, Georges Levitte, et leurs jeunes compagnons de « l’école des prophètes ») ; deux économistes et activistes protestants ayant marqué leur temps (Louis Comte et Charles Gide) ; et, enfin, un génie des mathématiques, également pionnier du mouvement écologiste (Alexandre Grothendieck).

Un topoguide précieux

Vous pouvez partir en balade avec entre les mains l'agréable ouvrage de Nathalie Heinich, catalogue très documenté de l'expo et joliment illustré de clichés du photographe altiligérien Philippe Bousseaud. Il est disponible au Lieu de mémoire et dans les librairies du secteur. (25 euros)

Plus pratique encore (et plus léger en poche), le topoguide « Sur les pas des écrivains et penseurs autour du Chambon-sur-Lignon » paru aux éditions Dolmazon du Cheylard, vous détaillera les itinéraires précis à emprunter. Là aussi, c'est à Nathalie Heinich, commissaire d'exposition, que l'on doit le document, bien épaulée dans sa tâche par Sophie Ott, brocanteuse, bouquiniste et amoureuse des chemins de traverse. (9 euros)


Infos pratiques

Le Lieu de mémoire au Chambon-sur-Lignon est ouvert jusqu'au 30 septembre tous les jours, sauf le lundi : de 10 heures à 12 h 30 et de 14 heures à 18 heures.

Plein tarif 5 euros, réduit 3 euros

L’exposition reste accrochée jusqu'au 31 août.

Elle est accompagnée d’un documentaire écrit et réalisé par Momoko Seto, invitant à partir sur les traces de ces intellectuels à travers le Plateau. Durée 57 minutes.

Projection à 15 heures du mardi au dimanche jusqu’au 31 août.

Publié dans Loisirs Sorties