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samedi, 17 août 2019 10:40

Chambon-sur-Lignon : le témoignage croisé de deux enfances sous la menace des nazis

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Vendredi, en fin de journée, aux Bretchs, sous la houlette du Lieu de mémoire au Chambon-sur-Lignon, les interventions de deux témoins donnaient corps à l'Histoire, avec une rare puissance.

Aziza Gril-Mariotte animait un échange riche en émotion, en enseignement aussi, entre deux enfants juifs ayant vécu la guerre et ayant échappé à l'extermination promise par Hiltler et ses sbires. Avec les guillemets d'usage naturellement, c'est donc une histoire "heureuse", de sauvetage réussi, qu'une centaine de personnes étaient venues écouter en cette fin d'après-midi estivale.


La Shoah avec ses yeux d'enfant

Evelyn Askolovitch née Sulzbach en 1938 aux Pays-Bas, de parents Allemands exilés, a vécu la Shoah avec ses yeux d'enfant. Elle témoignait au côté de Maxime Friedenberg né en 1935, bambin Roannais réfugié avec les siens à la Pierre Plantée au Mazet-Saint-Voy familier du territoire où il dispose d'une résidence estivale.

Le père d'Evelyn, Jacob, avait anticipé la situation tragique et dès l’arrivée d'Hitler à la tête de l’Allemagne avait choisi l’exil aux Pays-Bas. C'est ainsi qu'en 1933, le couple s’est réfugié à Amsterdam.


Un certificat salvateur

Après avoir été dénoncée par des voisins, du 12 au 26 mars 1943, la famille a été internée au Théâtre Hollandais (Hollandse Schouwburg), puis transférée au camp de Vught jusqu’au 6 juin 1943. De Vught, grâce à un certificat établi par le consul du Honduras, Evelyn et les siens ont été conduits au camp de Westerbork, où ils sont restés qu’au 15 février 1944. Puis, toujours grâce à ce document, ils ont été déportés au camp de Bergen Belsen jusqu’au 21 janvier 1945. "Un camp où l’on n’extermine pas".


6 ans au camp de Bergen Belsen

La petite fille y a "fêté" ses 6 ans avec une exceptionnelle tartine de pain.

Après quoi, une nouvelle fois, ils ont été sauvés par le précieux certificat. "Nous avons fait partie des 300 déportés juifs ayant une nationalité du Honduras et du Paraguay qui ont été échangés contre des prisonniers de guerre Allemands sous les auspices de la Croix Rouge, et dirigés au sud de l’Allemagne, sous la protection des Anglais et de l’UNWRA jusqu’au 30 janvier 1946, avant de revenir aux Pays-Bas."


L'angoisse jusqu'au bout

Evelyn explique notamment comment, jusqu'au bout, il a fallu faire face à une angoisse immense. "Chaque jour, jusqu'au 21 janvier, jour de la sortie du camp annoncé, il fallait répondre à l'appel pour espérer partir. La veille du départ, mon père, épuisé, après avoir été roué de coups, les reins bloqués, n'en pouvait plus et refusait de se lever pour cet appel. Je me souviens avoir vu ma mère lui crier dessus et moi, ne comprenant pas, j'ai tapé ma mère..." Une intervention maternelle qui se révélera in fine judicieuse.


Les bonhommes de neige de la liberté

Evelyn raconte encore comment très vite, les enfants sauvés de l'enfer des camps, convenablement pris en charge, soignés, nourris, redevenaient des gosses, jouant, faisant des bonhommes de neige... Un dénouement heureux et le début de la résilience.

Dernière modification le samedi, 17 août 2019 12:13

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