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lundi, 18 janvier 2021 20:21

Ils pensent avoir localisé l'emplacement d'un théâtre gallo-romain à Saint-Paulien

Bruno Mestre|Bruno Mestre, Jean-René Mestre, Roger Maurin|les limites hautes du théâtre au niveau de la route|||Des pierres sortis il y a quelques années et positionnés comme mobilier urbain en feraient partie|Bruno Mestre montre le trou d'un bloc de pierre sur la place Bonnefoux, caractéristique des édifices gallo-romains|Une encoche dans le bloc de pierre|||Bruno Mestre|Jean-René Mestre|Roger Maurin||||Crédit DR|Crédit DR|Crédit DR|Crédit DR|| Bruno Mestre|Bruno Mestre, Jean-René Mestre, Roger Maurin|les limites hautes du théâtre au niveau de la route|||Des pierres sortis il y a quelques années et positionnés comme mobilier urbain en feraient partie|Bruno Mestre montre le trou d'un bloc de pierre sur la place Bonnefoux, caractéristique des édifices gallo-romains|Une encoche dans le bloc de pierre|||Bruno Mestre|Jean-René Mestre|Roger Maurin||||Crédit DR|Crédit DR|Crédit DR|Crédit DR|| |||||||||||||||||||||

Le Ponot Jean-René Mestre et son fils Bruno pensent avoir retrouvé et localisé l’emplacement d'un théâtre gallo-romain à Saint-Paulien, à la sortie du bourg sur la route de Craponne. Une hypothèse simple qui a trouvé un écho favorable auprès des élus et de la communauté d'historiens.

Pour Bruno Mestre, même avant sa découverte, il ne faisait aucun doute qu’il existait un théâtre : "Javols (Anderitum), la capitale romaine de nos voisins gabales, habitants du Gévaudan, aujourd’hui la Lozère, avait un théâtre. Il y en avait un aussi à Moingt, dans la Loire, près de Montbrison. Chacun avait une capacité de 6000 à 10000 places.

Une grande voie reliant Lyon à l'Aquitaine

Comme l’a démontré Louis Simonnet, des Villettes, dans sa thèse d’histoire sur "Le peuplement dans l’Antiquité en Velay" (1984), "il ne faut pas croire qu’à l’époque gallo-romaine notre région était déserte ou isolée des grandes voies de circulation. L’habitat était modérément dense mais uniformément réparti avec notamment de grands domaines de campagne, les villae, auxquels ont succédés la majorité de nos bourgs. Cette population rurale venait se rassembler régulièrement dans le chef-lieu. Pour le Velay, c’était évidemment à Ruessium et le théâtre devait avoir une vraie fonction sociale, pas seulement culturelle. C’était le lieu privilégié des réunions publiques d’importance et vers lequel convergeait toute l’activité administrative d’alors, au centre de la région, le long d’une grande voie reliant Lyon, la capitale des Gaules, à l’Aquitaine."

Une découverte par hasard

C’est en cherchant, dans le cadre d’une publication à venir aux Cahiers de la Haute-Loire, à dresser un inventaire des mottes féodales du département, que les Mestre, père et fils, ont travaillé sur celle de Saint-Paulien.

Saint-Paulien est justement cité dans d’anciens textes pour avoir abrité une motte castrale sur la butte du Haut-Solier, le long de la route allant à Craponne. C’était même un castrum (vieux château) de la noble famille des Polignac.

Le château de la Motte brouillait les cartes

D’après Jean-René Mestre, c’est d’ailleurs ce « château de la Motte », datant vraisemblablement de l’an 1000, qui a empêché d’identifier la localisation du théâtre : tout le monde s’est focalisé sur lui et a pensé que la route de Craponne l’avait à moitié détruit lorsqu’elle fut aménagée. Personne n’a cherché à savoir s’il n’y avait pas une autre explication à la forme bizarre de son implantation en demi-arc de cercle, forme très visible sur les vieux plans. Ni à constater sur place que la route n’avait rien détruit que ce soit.

Un texte de Chabron en 1625 en parle

Ils ont consulté une multitude de textes anciens et en particulier le manuscrit de Gaspar Chabron (1625). Ce manuscrit raconte l’histoire de la famille de Polignac depuis les origines. Dans de nombreux chapitres il est question de Saint-Paulien et des propriétés que les Polignac y possédaient. Chabron décrit longuement les trouvailles archéologiques faites au Haut-Solier.

Un passage avait particulièrement attiré l’attention de Jean-René Mestre : Chabron parle de « lieux souterrains […], fondements desdites forteresses admirables pour le grand nombre et grandeur des cartiers de pierre blanche desquels ils étoint bâtis, que nous avons veu tirer de nos jours et être liés ensemble à la façon de celles que l’on voit aux arènes de Nîmes ».

Les parcelles cadastrales confortent l'hypothèse

En comparant la topographie des parcelles cadastrales (1811) du Haut-Solier en demi-arc de cercle avec les photos aériennes des théâtres de Fourvière (Lyon), Moingt et Javol, puis en décryptant le témoignage de Chabron, Jean-René Mestre et son fils Bruno se rendent vite compte qu’ils ont à faire à ce qu’ils aiment désormais surnommer, avec humour, le « Colisée vellave ». Le théâtre gallo-romain, orienté à l'Est, comprenait la rue actuelle de la Motte-Féodale, la rue Soeur-Ligonie, la rue Estrucille, la place Notre-Dame-du-Haut-Solier. Le point central devait être la place Claude-Bonnefoux. "On rend à Saint-Paulien ce qui appartient à Saint-Paulien", formule Bruno Mestre.

Quelle forme pouvait avoir ce théâtre ?

Et, à leurs yeux tout s’éclaire en effet : "La réinterprétation des fouilles réalisées aux 18e et 19e siècles à Saint-Paulien nous donne de nouvelles confirmations. Les tunnels décrits par Chabron et fouillés par Auguste Aymard sont en fait des voûtes concrètes (voûtes romaines à l’intérieur du théâtre). Les pierres pyramidales aperçues par Mangon de la Lande au début du 18ème siècle sont les gradins."

Un théâtre pour 6000 spectateurs

Selon Jean-René Mestre, en regardant l’emprise sur le plan cadastral, la forme révélée par les photos aériennes et la pente du terrain actuel, il est facile d’estimer les dimensions exactes du théâtre ainsi que sa capacité : tout laisse à penser qu’il est comparable à ceux de Moingt (Forez) ou de Javols (Gévaudan), un peu plus petit que celui de Fourvière à Lyon, et qu’il pouvait accueillir plusieurs milliers de personnes, taille tout à fait courante à l’époque.

La rivalité historique entre Ruessium (Saint-Paulien) et Anicia (Le Puy-en-Velay)

Bruno et Jean-René Mestre pensent que les érudits du 19e siècle ont trop systématiquement contesté l’importance de Ruessium comme capitale du Velay en minimisant tout ce qui en provenait. "Pour des considérations politiques désuètes, ils préféraient parler du Puy comme capitale. Et puis ils croyaient à la présence d’un temple dédié à Apollon sur la plate-forme de Polignac. Comme preuve, ils avançaient la présence dans le donjon d’une grande pierre antique dessinant en relief les traits d'un homme doté d'une large chevelure et d'une barbe foisonnante, le célèbre « masque d’Apollon ». Et d’une inscription, elle aussi sur pierre d’arkose, concernant l’empereur romain Claude et datée environ de l’an 50 après J-C", précise Jean-René Mestre.

Le masque d'Apollon pourrait-il parler ?

La présence d’un théâtre romain à Saint-Paulien donne un tout autre sens à ces pierres et permet d’affirmer qu’elles n’ont que peu de chance de provenir de cet hypothétique temple. "Le masque d’Apollon peut s’analyser désormais comme un masque de décoration du théâtre de Ruessium. Mais surtout c’est l’inscription de Claude qui prend un tout nouvel éclairage. Ce n’est pas, comme le veut la légende, un cadeau de l’empereur lors de son passage à Polignac, mais la pierre dédicatoire commémorant la construction du théâtre par l’empereur Claude !"

Pour résumer

Bien après la Conquête romaine, en 50 après JC, l’empereur Claude fait construire un théâtre dans la capitale du Velay.

La ville, située sur une voie importante, est ensuite totalement détruite par des invasions barbares et presque abandonnée aux cours des siècles suivants.

Autour de l’an 1000, les Polignac aménagent sur le point haut du théâtre le site défensif du château de la Mote, en se servant des blocs ruinés.

Ils se servent du théâtre de Saint-Paulien (et des bâtiments connexes) comme carrière, et finissent par emmener les plus belles pierres à Polignac et dans leurs autres châteaux ou ceux de leurs amis (Saint-Vidal, La Roche, La Valette, Solignac…).

Dernière modification le lundi, 18 janvier 2021 21:30

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