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jeudi, 10 octobre 2019 16:42

Chaspinhac : le seuil du Cros sur la Sumène détruit pour favoriser la continuité écologique

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Des travaux de restauration ont été réalisés pour supprimer un seuil au "Cros" sur la Sumène, entre Chadrac et Chaspinhac.

Qu’est-ce que la continuité écologique et pourquoi la restaurer ?

Les cours d’eau sont des milieux dans lesquels les espèces aquatiques (poissons, invertébrés, crustacés…) se déplacent pour se reproduire, se nourrir, se reposer ou encore se protéger.

Par ailleurs, de leur source jusqu’à leur confluence, les cours d’eau transportent des sédiments (pierres, cailloux, graviers, sable…), qui transforment leur lit et créent des habitats pour la faune aquatique.

Dès l’Antiquité, les hommes ont construit des ouvrages transversaux sur les cours d’eau (barrages, seuils, moulin, passages à gué…) pour produire de l’énergie, irriguer, permettre la traversée du bétail ou des véhicules…

Aujourd’hui il existe plus de 100 000 obstacles sur les cours d’eau français, dont beaucoup n’ont plus d’usage.

Du fait de leur présence, de l’évolution de leur gestion (dans le passé certains obstacles faisaient l’objet d’une ouverture hebdomadaire des vannes lors du chômage dominical) ou de leur hauteur (certains seuils ont été rehaussés suite à l’équipement des moulins avec des turbines hydroélectriques), ils rendent difficile l’accomplissement du cycle de vie des poissons et le transport des sédiments.

Ils impactent également la qualité de l’eau, son oxygénation et sa température. En effet, la présence d’un ouvrage transversal entraine le ralentissement des écoulements en amont, créant une retenue d’eau qui s’envase, où l’eau se réchauffe, devient pauvre en oxygène et de moins bonne qualité.

Le rétablissement de la continuité écologique (libre circulation des poissons et des sédiments) permet de retrouver des cours d’eau en bon état (objectif visé par la Directive européenne Cadre sur l’Eau du 23 octobre 2000), avec des habitats riches et variés, ainsi que des populations de poissons en bonne santé (la libre circulation des poissons permet le brassage génétique et l’accès à des zones plus favorables en période estivale ou lors d’une pollution).

L’article L.214-17 du Code de l’Environnement impose la mise en conformité des obstacles à la continuité écologique situés sur des cours d’eau classés en « liste 2 » par l’arrêté du 10 juillet 2012 (comme la Sumène). Cette mise en conformité peut passer par la suppression de l’obstacle ou son aménagement (création d’une passe à poisson).

Quel est le rôle de la Fédération de pêche ?

Depuis 2013, la Fédération de Haute-Loire pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique (FDPPMA 43) s’investit dans la restauration de la continuité écologique, avec le soutien financier de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne et du Conseil Départemental de Haute-Loire.

Elle se donne pour mission de porter assistance aux propriétaires d’ouvrages transversaux faisant obstacle à la libre circulation des poissons et des sédiments. Depuis 2017, la Fédération se porte maître d’oeuvre et maître d’ouvrage délégué.

Dans ce cadre, entre 2015 et 2018, la FDPPMA 43 a notamment rétabli la continuité écologique sur :

- la Dunière à Vaubarlet (travaux réalisés par MOULIN TP, pour un montant de 36 000 € TTC, avec un reste à charge de 1 500 € pour le propriétaire),

- la Sumène à Saint-Pierre-Eynac (travaux réalisés par GRAS TP, pour un montant de 2 964 € TTC, avec un reste à charge d’environ 300 € pour le propriétaire),

- la Desges à Chanteuges (travaux réalisés par SAVY TP, pour un montant de 7 548 € TTC, avec un reste à charge d’environ 700 € pour le propriétaire),

- la Gagne au lieu-dit-Peyrard : travaux réalisés par EYRAUD TP, pour un montant de 18 513 € TTC, avec un reste à charge d’environ 1 000 € pour le propriétaire).

Les travaux au seuil du Cros

Le seuil du Cros (situé sur la commune de Chaspinhac) constituait le premier obstacle à la continuité écologique en aval de la Sumène. Suite à son effacement, le premier obstacle anthropique rencontré par un poisson qui remonterait la Sumène se trouve à plus de 17 km de la confluence avec la Loire (sur la commune de Saint-Julien-Chapteuil).

Les travaux d’effacement de ce seuil ont été effectués par l’entreprise SAGNARD Raymond et Fils.

Ils ont duré 3 jours et demi et se sont déroulés du 3 au 6 septembre.

Au préalable, ils ont fait l’objet d’un dossier de déclaration au titre de la loi sur l’eau, qui a reçu l’aval de l’administration en juillet 2018, via un récépissé de déclaration. Le dossier de déclaration et son récépissé font l’objet d’un affichage en mairie et d’une mise à disposition du public en préfecture.

Les phases du chantier

Le chantier s’est déroulé en plusieurs phases :

- Mise en place d’un panneau de chantier sur le site, durant la semaine précédant les travaux

- Installation du chantier et aménagement d’une piste d’accès au pied de l’ouvrage

- Réalisation d’une pêche électrique de sauvetage (préalable nécessaire à toute intervention dans le lit d’un cours d’eau), qui a permis de sauver et déplacer 60 truites (de 6,5 à 28 cm), mais également des vairons, des loches franches, des goujons, des spirlins et des chevaines

- Canalisation temporaire du cours d’eau pour travailler à sec

- Démolition du seuil jusqu’au fond naturel du lit du cours d’eau (conservation des assises en berges pour préserver leur stabilité)

- Utilisation des matériaux issus de la démolition du seuil pour combler la zone d’affouillement en aval, en rive droite (qui menaçait la stabilité du chemin communal)

- Remodelage du lit du cours d’eau dans l’ancienne retenue en amont du seuil, talutage des berges en pente douce et positionnement de blocs dans le nouveau lit, afin de diversifier les écoulements et créer des caches pour les poissons

- Remise en état du site

Il faut maintenant laisser un peu de temps à la Sumène pour qu’elle façonne son lit et évacue les sédiments stockés en amont de la zone de travaux, ainsi que laisser les berges se végétaliser et se stabiliser.

Financement 

Le coût total de ce projet s’élève à 21 267 €, dont 4 000 € de maitrise d’oeuvre et de maitrise d’ouvrage de la FDPPMA 43 et 16 440 € TTC de travaux.

- 80 % de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne

- 10 % du Département de la Haute-Loire

- 5 % de la Fédération de pêche

- 5 % du propriétaire, soit un reste à charge de moins de 1 000 €

L’ensemble des acteurs qui ont permis la réalisation de ce projet (le propriétaire, l’entreprise chargée des travaux, la commune, ainsi que les partenaires techniques et financiers) ont été invités à la réception des travaux, qui a eu lieu jeudi 10 octobre, sur site.

Réponse aux idées reçues concernant ces travaux

« La suppression du seuil n’était pas nécessaire car il n’y a pas de saumon à faire remonter »

En effet, le saumon et les autres grands migrateurs sont absents du haut bassin de la Loire depuis l’édification des grands barrages sur la Loire en aval (Villerest et Grangent). Cependant, les autres espèces piscicoles (voire d’autres espèces comme les invertébrés) effectuent également des migrations (à plus petite échelle) pour se nourrir, se reproduire, ou encore se déplacer vers une zone plus favorable lorsque le milieu subit une perturbation (pollution, réchauffement de l’eau ou assec). Par ailleurs, la continuité écologique implique également la libre circulation des sédiments.

« La suppression du seuil va faciliter la remontée des espèces aquatiques invasives »

De manière générale, l’implantation d’espèces invasives sera plus difficile si un bon fonctionnement du milieu favorise le développement et la résilience des populations autochtones (locales).

Par ailleurs, la présence de seuils peut retarder la colonisation de nouvelles espèces, mais pas l’empêcher (beaucoup d’espèce invasives bénéficiant de l’aide des humains pour se propager).

Dans certains cas, comme en présence d’une population d’écrevisses autochtones (écrevisse à pattes blanches) pouvant être mise en contact avec des écrevisses envahissantes, cette problématique est à étudier avant la suppression d’un obstacle.

Dans le cas de la Sumène, l’écrevisse de Californie était déjà présente en amont du seuil. En effet, de nombreux individus étaient présents dans la retenue avant les travaux et l’espèce a été capturée en grand nombre lors de chaque inventaire effectué au niveau de Fay-la Triouleyre (station située 2 km en amont du seuil). Elle est présente au moins jusqu’au lieu-dit Eynac.

Le poisson-chat est présent dans la Loire, mais il ne remonte pas jusqu’à la confluence de la Sumène.

Des perches soleil ont été capturées en aval du seuil lors de la pêche de sauvetage (elles ont bien entendu été détruites). Cependant, ces individus proviennent vraisemblablement d’un plan d’eau du bassin versant de la Sumène. Leur présence en aval du seuil s’explique par l’existence d’une fosse qui s’est creusée au pied du seuil. Cette fosse ayant été comblée lors des travaux et la retenue en amont n’existant plus, les caractéristiques du milieu ne correspondent plus à l’habitat de la perche soleil (qui affectionne les milieux aquatiques peu courants, aux eaux chaudes, voire eutrophisées).

Bien entendu, l’évolution du peuplement piscicole de la Sumène fera l’objet d’un suivi, notamment sur les stations déjà implantées sur la rivière (Fay-la-Triouleyre, Eynac).

« Les seuils protègent du risque d’inondation »

Un seuil, de par ses dimensions restreintes (environ 2 m de haut pour le seuil du Cros) peut permettre de réguler les petites crues qui ne posent absolument aucun problème d’inondation, mais ne peut en aucun cas atténuer une grosse crue.

Tout d’abord, il faudrait pouvoir vider la retenue en prévision de la crue, pour pouvoir stocker l’eau de celle-ci.

Par ailleurs, les capacités de stockage de la retenue en amont d’un seuil de cette taille sont quasiment inexistantes par rapport au volume d’eau transitant lors des grosses crues.

Enfin, la retenue en amont du seuil du Cros, comme celles de nombreux seuils, était comblée par les sédiments.

Le volume d’eau qu’elle pouvait contenir était donc limité à quelques milliers de mètres cubes, alors qu’il faudrait pouvoir stocker des centaines de millions de mètres cubes.

Au contraire, les seuils en rivières, en remontant artificiellement la ligne d’eau, engendrent des inondations plus fréquentes des terres avoisinantes.

En revanche, il existe bien des ouvrages appelés « barrages écrêteurs de crue », qui sont dimensionnés pour pouvoir stocker des volumes d’eau suffisants. Par exemple, le barrage de Villerest, sur la Loire, dispose d’une tranche vide de 130 millions de m3 pour écrêter les crues.

« La suppression du seuil va faire disparaitre les "grosses truites" »

Pour quelques mètres carrés de fosse au pied d’un ouvrage, utilisés par quelques poissons de bonne taille, ce sont des centaines ou milliers de mètres carrés d’habitats perdus en amont pour la reproduction, les alevins, les juvéniles ou les adultes (disparition d’habitats courants, propices à la reproduction de la truite et particulièrement prisés par les truitelles).

Dans le cas du seuil du Cros, la retenue, qui s’étendait sur plus de 200 m, noyait une surface de plus de 4 000 m².

En outre, dans un cours d’eau naturel, la faune aquatique n’a pas besoin de seuils et barrages pour trouver des refuges. La diversité des habitats et des écoulements assure la présence de fosses naturelles et fraîches (contrairement aux habitats créés par un seuil, où l’eau est réchauffée lors de son passage dans la retenue créée en amont).

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