vendredi, 04 janvier 2019 10:41

Elle témoigne du difficile accès aux soins en milieu rural

Jean-Pierre et Martine Astier.|| Jean-Pierre et Martine Astier.|| Photo La Commère 43||

Martine Astier de Saint-Agrève, de retour dans son foyer après cinq mois d'hospitalisation suite à une lourde opération, vit une situation difficile. Malgré une prescription médicale, elle ne peut recevoir les soins infirmiers à son domicile que son état nécessite.

Lorsque Martine Astier apprend que, le 15 décembre, elle pourra enfin revenir chez elle à Saint-Agrève, elle est heureuse. Son mari Jean-Pierre s'affaire pour réaliser en urgence les premiers aménagements que son handicap impose. Cinq mois d'hospitalisation l'ont éloigné de son foyer.

Hospitalisée le 15 juillet 2018 à l'Hôpital Nord de Saint-Priest-en-Jarez, Martine a subi le lendemain une lourde intervention chirurgicale sur la moelle épinière en service de neurochirurgie après un diagnostic médical révélant une tumeur intramédullaire type épendymome. Devenue hémiplégique du côté droit, elle a été transférée le 31 juillet à l'Hôpital de Vals-les-Bains pour soins et réadaptation.

C'est donc le 15 décembre, munie des ordonnances nécessaires à la continuité des soins, qu'elle est de retour à Saint-Agrève. L'ordonnance prévoit ceci : "faire pratiquer à domicile une fois par jour, compris week-ends et jours fériés, aide à la toilette, aide à l'habillage, aide au levé".


Manque de temps, liste d'attente...

"J'ai alors contacté les différents intervenants médicaux de ma résidence dont ceux concernés par la prescription médicale. Suite à mon appel téléphonique à la maison médicale de Saint-Agrève pour joindre les quatre infirmiers du secteur, il m'a été signifié une impossibilité d'honorer cette prescription médicale pour cause de manque de temps."

Martine Astier a alors pris l'attache du service de soins infirmiers à domicile de Saint-Agrève. "La réponse a été négative du fait de manque de places disponibles et j'ai donc été placée sur une liste d'attente pour une durée indéterminée."

Elle a également joint les deux cabinets infirmiers de la commune avoisinante du Chambon-sur-Lignon avec pour résultat final deux nouveaux refus.


Une situation d'abandon

Dans l'obligation de se débrouiller par ses propres moyens, en mobilisant son conjoint en particulier, Martine Astier vit cette réalité comme une situation d'abandon, moralement difficile à vivre. "Cela m'affecte profondément sur le plan médical."

Au-delà, à l'heure où les pouvoirs publics mettent avec constance en avant les avantages humains et économiques de l'hospitalisation à domicile, elle s'interroge : "Que faire pour que tous les patients aient un accès au service public de santé ?"

Martine Astier a adressé le 25 décembre un courrier au ministre de la Santé, aux élus nationaux, régionaux et départementaux, ainsi qu'aux responsables des institutions de santé pour alerter sur sa situation, exemplaire de la difficulté d'accès aux soins en territoire rural. Sans réponse à ce jour... probablement à cause de la trêve des confiseurs !

Un rayon de soleil toutefois dans ce parcours semé d'embûches, "j'ai trouvé à Saint-Agrève une kiné formidable qui me prend en charge trois fois par semaine."

Dernière modification le vendredi, 04 janvier 2019 23:07
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