dimanche, 17 septembre 2017 14:29

Musée de Retournac : Raymond Vacheron éclaire un pan de l'histoire ouvrière

||D'anciennes salariées de l'ex-usine Descours et Genthon de Retournac ont témoigné.|Raymond Vacheron.||| ||D'anciennes salariées de l'ex-usine Descours et Genthon de Retournac ont témoigné.|Raymond Vacheron.||| |Photo La Commère 43|Photo La Commère 43|Photo La Commère 43|||

Le programme riche et varié concocté pour les Journées du patrimoine à Retournac a séduit tout au long du week-end. A l'image de la proposition du Musée des manufactures de dentelles de Retournac accueillant samedi Raymond Vacheron.

Cette personnalité attachante, volontiers volubile, que l'enthousiasme rend un peu brouillon, a donné devant une assistance étoffée une conférence centrée sur l'histoire industrielle de la Haute-Loire.

Le prototype de l'usine-couvent à La Séauve-sur-Semène

Le sujet exploré était "Les usines-couvents et le travail des femmes en Haute-Loire". Ou comment l'église catholique, très fortement implantée en Haute-Loire, pour conserver la main sur ses ouailles rurales, leur éviter de tomber dans l'hérésie marxiste, susciter des vocations (et aussi faire rentrer des subsides dans ses caisses mises à mal par la Révolution), devient entrepreneur, créant des établissements à la fois religieux et industriels.

Raymond Vacheron a abordé notamment l'histoire de la fabrique de rubannerie Colcombet à La Séauve-sur-Semène, première usine-couvent de France, ainsi que celle de l'usine de soierie Descours et Genthon à Retournac.

Des conditions de travail éprouvantes

Dans ces usines du textile dirigées par des religieuses, en l'occurence ici la congrégation des soeurs de Saint-Joseph, étaient employées des ouvrières, souvent très jeunes, des enfants même puisqu'elles travaillaient dès l'âge de 12 ans. Elles vivaient en internat dans ces usines-couvents où les horaires n'avaient rien de... chrétiens !

Les conditions étaient simplement en phase avec la réglementation (ou l'absence de réglementation) de l'époque : 13 heures par jour, six jours sur sept. On se levait à 5 h 15 la semaine et 6 heures le dimanche... Les soeurs n'étaient pas plus douces avec leur main d'oeuvre que les patrons non religieux. Les conditions du contrat étaient draconiennes, ne laissant comme porte de sortie aux malheureuses que le mariage ou l'entrée en religion, sauf à ce que leurs parents puissent acquitter une contribution exorbitante.

Des existences marquées par la misère

Dans les immenses dortoirs (plutôt mieux tenus sur le plan de l'hygiène que les dortoirs non confessionnels), ces jeunes filles laissaient leur peine s'épancher après une journée harassante de labeur. Raymond Vacheron a cité des témoignages émouvants de ces ouvrières-enfants racontant comment elles pleuraient pelotonnées contre leur poupée le soir venu. L'occasion de souligner la grande misère qui était le lot de la majorité des familles : mortalité infantile importante, abandon des bébés fréquent aussi. Le nourrisson était souvent déposé avec un ruban en guise de marque personnalisée, avec l'espoir pour la mère de pouvoir le récupérer un jour...

2 emplois ouvriers sur 3 occupés par des femmes en 1900 en Haute-Loire

Il faut garder à l'esprit qu'en 1900, si deux emplois ouvriers sur trois sont masculins en France, la proportion est inversée en Haute-Loire où deux emplois ouvriers sur trois sont occupés par des femmes.

Les échanges ont permis d'entendre les témoignages d'anciennes ouvrières de l'usine Descours et Genthon (rachetée par Defour et Brun en en 1975), de découvrir le métier de "tordeuse", de "gareur"... et de mesurer le chemin parcouru.

Aujourd'hui, on peut apprécier la superbe architecture industrielle de ce site, "La Filature", qui abrite désormais divers équipements municipaux et naturellement il ne faut surtout pas se priver d'une visite au Musée des manufactures de dentelles de Retournac qui fait fort intelligemment écho à ce passé autour du textile sur le territoire.

Pratique

Le Musée des manufactures de dentelles de Retournac est ouvert tous les jours, jusqu'au 15 décembre, de 14 heures à 18 heures.

Tarifs individuels : 5 € plein tarif / 3,5 € tarif réduit / gratuit pour les enfants jusqu'à 12 ans.
Tarif groupes (+ de 10 personnes) : 3,5 € par personne + forfait visite guidée 30 €, sur réservation (matin ou après-midi)

Tél. 04 71 59 41 63

Et aussi...

On peut retrouver des contributions de Raymond Vacheron aux éditions du Roure. Pour en savoir plus, c'est ici

Dernière modification le dimanche, 17 septembre 2017 16:44

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